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La transition écologique et énergétique au cœur de la mécanique

La transition écologique et énergétique sera le thème à l'honneur de Global Industrie 2020, à travers les trois grands volets que sont l'économie circulaire, l'efficacité énergétique et la mobilité, avec l'électrification et l'hybridation des véhicules.


A cette occasion, nous avons interviewé France de Baillenx, Directrice Environnement à la Fédération des industries mécaniques (FIM), sur la façon dont sa filière s'est saisie de cet enjeu ô combien important pour l'humanité en général, mais aussi pour l'industrie et sa filière en particulier.

 

 

 

► EN QUOI LE ROLE DE LA FIM EST-IL PARTICULIÈREMENT IMPORTANT SUR CETTE THÉMATIQUE ?

 

La Fédération des industries mécaniques représente les entreprises manufacturières du secteur de la mécanique. Elles produisent des biens ou des composants pour tous les secteurs de l’économie : machines industrielles, équipements pour la santé, l’agriculture, l’automobile, l’aéronautique, les travaux publics, la restauration, la lutte contre l’incendie, la mesure, les arts de la table… 


Or 95% des entreprises de mécanique sont des PME et TPE. Il est donc particulièrement important de pouvoir les guider et les aider à prendre ce virage primordial. C’est un véritable défi, car il s’agit pour elles, quelle que soit leur taille, d’être pérennes dans un contexte mondial extrêmement concurrentiel, évolutif et soumis aux enjeux des bouleversements climatiques et de la raréfaction des matières premières. 

 

 

► SELON VOUS, QUE DOIT FAIRE UNE ENTREPRISE DE MÉCANIQUE POUR RÉUSSIR SA TRANSITION ÉCOLOGIQUE ET ÉNERGÉTIQUE ?

 

Pour être pérenne, il est évident qu'elle doit intégrer un management environnemental actif dans sa stratégie globale. Cette intégration concerne autant ses sites de production que les produits qu’elle commercialise, et prend en compte deux grandes logiques : l’économie circulaire et l’efficacité énergétique visant la neutralité carbone


Dans le document « Economie circulaire, la mécanique dans la boucle », la FIM rappelle les fondamentaux : mettre en œuvre des procédés propres, sûrs et sobres - grâce notamment aux technologies prioritaires identifiées par notre centre technique, le Cetim -, viser le zéro déchet non recyclé sur site et concevoir des produits intégrant l’efficacité matière, la réparabilité et la durabilité. 


De nombreux industriels ont d'ailleurs déjà pris ce virage.

 

 

► POUVEZ-VOUS NOUS DONNER QUELQUES EXEMPLES ?

 

Les produits des entreprises de mécanique sont en grande majorité B2B. La réparabilité et la durabilité sont donc déjà dans leur ADN, via la maintenance et le rétrofit.


Pour les fabricants de machines et composants, les business models ont évolué vers la maintenance prédictive, comme dans le cas de Fives ou Sleever, ou encore vers l’économie de fonctionnalité, comme chez SKF. Toujours dans le domaine professionnel, Manitowoc Cranes a développé pour ses grues le programme EnCORE : rénover, réparer, reconstruire. Du côté des biens de grande consommation, citons Cristel et De Buyer, deux entreprises du domaine des arts de la table : Cristel prolonge la vie des ustensiles de cuisson en les rechapant, et De Buyer récupère les poêles usagées pour les recycler.

 

 

►L'ÉCOCONCEPTION EST EGALEMENT UN THÈME CENTRAL. COMMENT LA MÉCANIQUE S'EN EST-ELLE EMPARÉE ?

 

Elle constitue en effet un pilier de l’économie circulaire. Aussi, avec le CETIM, avons-nous conçu une méthodologie d’écoconception à l’attention des PME de la mécanique. Cette méthodologie est transcrite en norme européenne (EN 16524) et utilisable via le logiciel Ecodesign studio. Des entreprises de mécanique de toute taille - et même de secteurs non mécaniciens ! – l'utilisent, y compris pour la reconception car elle est simple à mettre en œuvre par les bureaux d’étude. 

 

 

►QU'EN EST-IL EN MATIÈRE D'EFFICACITÉ ÉNERGÉTIQUE ? AVEZ-VOUS QUELQUES EXEMPLES ?

 

Les entreprises de mécanique travaillent depuis longtemps à la réduction de la consommation énergétique de leurs produits. Le défi est à la fois de passer à une réduction des émissions associées à l’ensemble du cycle de vie du produit, et également de transformer les sites de production


Défi relevé notamment par NTN SNR Roulements, via l’axe « Usine propre » de son action « Usine 4.0 », avec notamment la construction du site Argonay 2, de classe énergétique A. Schaeffler France a, quant à lui, réalisé la rénovation énergétique des usines de son site de production d’Haguenau, via son programme « Utilités et Energie 4.0 ». 


Mais les petites entreprises ayant moins de moyens sont également actrices de la transition énergétique. De l’audit énergétique au management de l’énergie en passant par le bilan carbone, elles peuvent s’appuyer sur l’expertise et les formations du Cetim pour diminuer significativement leurs consommations. Nous avons un guide "Maîtrise de l'énergie dans l'industrie mécanique" qui présente les méthodes d’économies d’énergie sur les procédés mécaniciens les plus courants. Il s’adresse aussi bien aux chefs d’entreprise qu’aux responsables de site de production ou d’atelier.

 

La FIM est également partenaire de l’opération Ademe TPE&PME Gagnantes sur tous les coûts, qui est un très bon moyen d’identifier et de mener à bien des actions d’économies d’énergie et de matières. 
 

 

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Le 11/12/2019