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La transition écologique au cœur de l'électronique

La transition écologique est le thème à l'honneur de Global Industrie 2020, à travers les trois grands volets que sont l'économie circulaire, l'efficacité énergétique et la mobilité, avec l'électrification et l'hybridation des véhicules.


A cette occasion, nous avons interviewé Thierry Tingaud, Président du Comité Stratégique de Filière (CSF) consacré à l’Industrie électronique, sur la façon dont sa filière s'est saisie de cet enjeu ô combien important pour l'humanité en général, mais aussi pour l'industrie et sa filière en particulier.

 

 

► COMMENT DÉFINIRIEZ-VOUS LA « TRANSITION ÉCOLOGIQUE », MISE A L’HONNEUR SUR GLOBAL INDUSTRIE 2020 ?

 

Nous nous réjouissons que Global Industrie se soit saisi avec autant de force de cet enjeu majeur. Nous assistons indéniablement à un important changement de mentalité au sein de l’opinion publique. Cela fait bien longtemps que les entreprises ont développé des politiques structurantes en lien avec les problématiques environnementales. La première urgence est la diminution des émissions de CO2. Sur ce point, la filière électronique représente le socle industriel essentiel au développement de l’intelligence dans la gestion des différents postes émetteurs : énergie, mobilité, infrastructure…

 
Il est important que chacun joue pleinement son rôle et la mise à l’honneur de la transition écologique dans un salon de référence comme GLOBAL INDUSTRIE en témoigne parfaitement.

 

 

► EN QUOI CET ENJEU EST-IL PARTICULIÈREMENT IMPORTANT NON SEULEMENT DANS LE QUOTIDIEN DE TOUT UN CHACUN, MAIS AUSSI POUR L’INDUSTRIE ?

 

Cet enjeu doit nous rassembler. Il faut éviter toute opposition entre les citoyens / consommateurs et les industries. Les citoyens occupent une place centrale car c’est de leur comportement que viendront les grands changements. Les évolutions des modes de consommation et les attentes des consommateurs ont des impacts directs sur les politiques industrielles. Il est donc essentiel d’avancer de manière conjointe : responsabilisation des consommateurs / déploiement des bonnes pratiques des industriels.


La question des distances et des temps de transport doit, en outre, nous interroger sur la réduction du bilan carbone. La France bénéficie de nombreux atouts. A titre d’exemple, une fabrication en France de cartes électroniques peut parfaitement jouer ce rôle, sans avoir besoin de rechercher des sous-traitants sous d’autres horizons. Le Made in France a donc une carte à jouer.

 

 

► COMMENT LA FILIÈRE ELECTRONIQUE FRANÇAISE S’EN EST-ELLE SAISIE ?

 

La filière électronique est mobilisée de longue date. Cela passe par l’adaptation des process, de nouvelles relations avec ses fournisseurs et ses clients, ainsi que par une implication des principaux acteurs. Les bonnes pratiques sont ainsi mises en valeur afin de favoriser leur diffusion. Il faut cependant être vigilant sur le fantasme d’imposer les mêmes pratiques à toute une industrie. Les impératifs divergent en effet entre acteurs d’un même maillon de la chaîne de valeur et, encore davantage, entre acteurs d’un maillon différent. Si on souhaite mettre en place un système efficient, accepté par tous, il est nécessaire de tenir compte de chaque spécificité.

 

 

► EN MATIÈRE D’ECONOMIE CIRCULAIRE, QUELLES SONT LES ACTIONS ACTUELLEMENT A L’ŒUVRE ET POUR QUELS ENJEUX ?

 

L’industrie électronique est une branche à part entière de la Fédération des Industries Electriques, Electroniques et de Communication (FIEEC). Cette dernière, de par son implication historique et son périmètre, s’est vue attribuée un siège au sein du Comité de pilotage de la feuille de route « Economie circulaire » du Gouvernement. Pour illustrer cet engagement, la filière a institué le rebroyage et la ré-injection des thermoplastiques dans les boîtiers et inserts de connecteurs, ainsi que la récupération des métaux précieux (Au, Ag,..) des pattes et contacts de composants.


En outre, les principaux acteurs de la filière ont développé de puissantes actions en faveur de l’économie circulaire : recyclage du silicium (usages futurs : photovoltaïque, industrie de l'aluminium…).

 

 

► MÊME QUESTION POUR L’EFFICACITÉ ÉNERGÉTIQUE…

 

La filière électronique française a une expertise de haut niveau dans le domaine de l’efficacité énergétique. En effet, nos industries proposent bien souvent des composants et des systèmes moins énergivores que nos concurrents. C’est un point fondamental dans un monde où les smart technologies n’ont de cesse de se développer. La poursuite du développement de l’électronique est conditionnée à la recherche d’efficacité énergétique de ses solutions. C’est un avantage concurrentiel indéniable dont nous pouvons être fier et sur lequel nous devons capitaliser.

 

 

► ET EN CE QUI CONCERNE LA MOBILITÉ, ET EN PARTICULIER LE DOMAINE DE L’ÉLECTRIFICATION ET HYBRIDATION DES VÉHICULES ?

 

Les industries électroniques sont à la fois à la source et au cœur des véhicules électriques et, demain, des véhicules autonomes. En effet, le nombre de composants est bien plus important en comparaison avec une voiture thermique. Les apports de nos industries sont nombreux, qu’ils s’agissent de l’intelligence artificielle, de l’assistance au pilotage ou encore des capteurs. 


L’innovation portée par nos métiers joue ainsi un rôle clé dans le développement des nouveaux leviers de mobilité au bénéfice du consommateur naturellement, mais également de l’environnement. La France dispose d’ailleurs d’un puissant atout grâce à son industrie nucléaire permettant une énergie décarbonée, propice au bon bilan carbone global des véhicules électriques.


De manière plus générale, l’électronique irrigue de larges pans de la mobilité au-delà des voitures. Le ferroviaire et l’aéronautique utilisent également de plus en plus de composants dans l’objectif de renforcer la sécurité, le confort et les performances.
Face à cette demande en plein essor, la filière électronique investit fortement et adapte ses savoir-faire en permanence. Elle constitue dès lors un partenaire stratégique pour l’ensemble des autres composantes de l’économie française.

 

 

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Le 11/12/2019